Nos équipes publient dans la prestigieuse revue internationale HemaSphere

- 10 septembre 2026 -

Nous sommes fiers de vous partager cette publication qui vient de paraître dans la prestigieuse revue internationale HemaSphere !

Menée sur 275 jeunes patients, elle révolutionne le suivi du lymphome de Hodgkin chez l’enfant et le jeune adulte.

Voici un résumé, en français, de l’article :

Intégration du profilage de l’ADN tumoral circulant dans la stratification du risque du lymphome de Hodgkin classique chez l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte

Auteurs principaux

Mathieu Simonin, Fabrice Jardin et al.

Contexte et Objectifs

Le lymphome de Hodgkin classique (LHc) touche fréquemment les enfants, adolescents et jeunes adultes (CAYA). Bien que le taux de survie globale à 5 ans dépasse 95 %, environ 10 % des patients subissent une rechute ou présentent une maladie réfractaire, nécessitant des traitements de sauvetage lourds. En outre, la rareté des cellules tumorales de Hodgkin et de Reed-Sternberg (HRS) dans le micro-environnement lymphoïde rend la caractérisation génétique tissulaire difficile.

Cette étude prospective française multicentrique (menée entre 2019 et 2023 auprès de 275 patients) évalue l’utilité clinique du profilage de l’ADN tumoral circulant (ctDNA) par biopsie liquide, à la fois comme biomarqueur pronostique initial et comme outil dynamique de suivi de la réponse au traitement.

Méthodologie

  • Population : 275 patients de 22 ans ou moins (âge médian : 15 ans), traités selon les directives de l’essai clinique EuroNet-PHL-C2.
  • Prélèvements : Analyse du ctDNA par séquençage de nouvelle génération (NGS) ciblant un panel de 18 gènes fréquemment altérés dans le LHc, réalisé à 3 temps clés : au diagnostic, après 2 cycles de chimiothérapie (au premier jour du cycle 3, ou D1C3), et en cas de rechute.

Résultats Clés

  • Détection initiale : Des mutations somatiques ont été détectées chez 86 % des patients au diagnostic. Les gènes les plus fréquemment altérés incluent SOCS1 (68 %), IGLL5 (44 %), B2M (43 %), CIITA (41 %) et TNFAIP3 (37 %).
  • Corrélations cliniques : Des concentrations élevées de ctDNA au diagnostic étaient significativement associées à une masse tumorale volumineuse (bulky mass), à la présence de symptômes B, à une vitesse de sédimentation élevée et à des stades avancés (III-IV).
  • Sous-groupe sans ctDNA détectable (14 %) : Ces patients étaient plus jeunes, présentaient davantage de tumeurs associées au virus d’Epstein-Barr (EBV) et un pronostic plus favorable.
  • Persistance du ctDNA après 2 cycles (D1C3) : Retrouvée chez 11 % des patients évalués, la persistance du ctDNA est un facteur pronostique indépendant majeur d’infériorité de la survie sans événement (multipliant par plus de 3 le risque de rechute, $p = 0.009$).
  • Impact des mutations spécifiques :
    • Les mutations de TP53 (7 % des patients) prédisent une réponse inadéquate précoce évaluée par TEP-FDG.
    • Les mutations de XPO1 et/ou IGLL5 (47 % des patients) constituent un prédicteur indépendant de risque de rechute.
  • Évolution clonale : La majorité des mutations initiales sont conservées à la rechute, mais 30 % des patients analysés au moment de la récidive ont montré l’acquisition de nouvelles mutations, illustrant une évolution clonale sous pression thérapeutique.

Conclusion

L’étude démontre que l’analyse du ctDNA est une approche non invasive hautement informative pour le lymphome de Hodgkin pédiatrique. Combinée à l’imagerie métabolique (TEP-FDG), la surveillance dynamique du ctDNA permet une stratification affinée du risque, ouvrant la voie à une médecine personnalisée visant à intensifier les traitements pour les profils moléculaires à haut risque ou à alléger la charge thérapeutique pour les patients à faible risque.