Régine Vilain-Cardon

Au-sein-de-mon-cancerParution du livre « Au sein… de mon cancer » écrit par Régine VILAIN-CARDON, une ancienne patiente du Centre Henri-Becquerel, et préfacé par le Dr Dragos GEORGESCU.
Ce livre retrace l’histoire de sa maladie, de l’annonce de la récidive de son cancer du sein à la convalescence, en évoquant tous les stades émotionnels qu’elle a pu traverser.
 
1 livre acheté 6,50 € = 0.50 € reversé à l’association Agir avec Becquerel.
Ce livre est en vente sur Internet ainsi qu’au point presse cafétéria du Centre.

Dr Dragos GEORGESCUUn seul mot me vient à l’esprit : MERCI ! Merci pour toutes les patientes qui auront la chance de lire ce livre (…). Merci pour ces sentiments de fierté mais aussi d’humilité qu’il fait naître en nous, médecins, infirmières, aides soignantes, secrétaires… Merci enfin pour la confiance témoignée.
Dr Dragos GEORGESCU, Chef du département Chirurgie Sénologie du Centre Henri-Becquerel
regine-vilainPourquoi avez-vous voulu écrire ?
Pour moi, il m’est d’abord apparu nécessaire d’écrire pour me souvenir de la chronologie des événements. Je voulais garder en mémoire l’intensité des ressentis. Et pour m’en souvenir, pour que tout cela ne s’évapore pas au fil du temps, je n’ai eu d’autre choix que d’écrire. C’est pour cela que le récit est chronologique. J’ai voulu, d’abord pour moi, figer mes souvenirs. Quand j’ai écrit, je pensais peu aux autres femmes. C’était, je le répète, écrire pour ne pas oublier.

Ce livre, vous l’avez écrit, une fois la guérison survenue. Pourquoi pas pendant en écrivant une sorte de journal régulier ?
En fait, il faut savoir que bon nombre de femmes vivent une sorte de malaise quand les soins cessent. Les soins cessent et on éprouve presque un sentiment d’abandon. L’hôpital soigne, entoure et protège et du jour au lendemain, « rideau », c’est terminé. Ne plus rencontrer « Becquerel » et ses soignants entraîne une sorte de vertige. L’affaire était classée et je crois que je n’avais pas envie de classer l’affaire. Tout cela tourne autour de l’oubli et moi (je n’engage pas mes soeurs de maladie), je n’avais pas envie d’oublier.

Dans ce livre, vous écrivez que vous ne croyez pas du tout que le facteur psychologique vous ait aidé à guérir. Cela peut étonner. Expliquez-nous !
J’aime le questionnement sur ce qui nous arrive dans la vie, mais je réfute la tendance simpliste qui est d’associer cancer et causes psychologiques et guérison et raison psychologique. Etre atteint d’un cancer est un séisme dans une vie. Le lien établi trop facilement avec le psychisme ne me convient pas. C’est à chaque malade de se questionner… ou pas. Le cancer est une « aventure » individuelle et intime et personnellement, j’ai toujours mal reçu les invitations, ou injonctions, à réfléchir sur le « pourquoi » de ce cancer. Aujourd’hui, je n’en sais toujours rien. Une chose est sure, je n’aime pas être tenue pour responsable de ma maladie.

Pourtant votre famille, vos amis ont été très proches, vous l’écrivez dans le livre, et cela vous a fait du bien, non ?
Là, il s’agit d’autre chose. L’amitié, l’affection, l’amour, la sympathie m’ont fait un bien fou. La maladie génère les bons sentiments. C’est ce que j’appelle les bénéfices secondaires de la maladie. Je connais des malades qui se sentent mieux en s’isolant. Moi, j’ai instinctivement compris que j’avais besoin des autres, de leurs mots, de leurs pensées. Encore une fois, il n’y a pas de règles. J’ai observé que mes réactions ont été différentes en 1999 et 2012. On ne décide pas de nos réactions et de nos ressentis. J’ai réagi comme ça et n’ai rien prémédité. Si je devais tomber à nouveau malade, j’ignore quelle serait ma réaction.

Néanmoins, dans le livre vous notez qu’entre les treize années qui ont séparé votre premier cancer avec votre rechute, le Centre Henri-Becquerel avait fait peau neuve et que cela contribuait à ce que les malades s’y sentent mieux. L’environnement et le personnel du Centre ont donc contribué à ce que vous guérissiez de votre cancer du sein ?
Il convient de préciser que je n’ai jamais entendu le mot de guérison… Alors, oui, le Centre Henri-Becquerel est beaucoup plus beau, plus accueillant qu’il y a maintenant quinze ans. Mais s’il suffisait d’un beau lieu pour guérir, ça se saurait ! La guérison relève certainement de subtilités biologiques et scientifiques qui me dépassent complètement. Mon cas est le mien. Je n’ai rencontré que des regards bienveillants lors de mon hospitalisation, mais ce sont les résultats d’Anapath (NDLR – spécialité médicale dédiée à l’étude morphologique des anomalies macroscopiques et microscopiques des tissus biologiques et des cellules pathologiques prélevées sur un être vivant ou décédé) qui ont décidé de mon sort et non pas l’environnement même si je l’ai vécu comme positif.

Finalement, même s’il est question d’une maladie grave que vous avez eue, ce livre est résolument optimiste, non ?
Je ne sais pas. Je l’ai d’abord écrit pour moi, pour, comme je l’ai dit précédemment, pour me souvenir. Après, je l’ai partagé avec des ami(e)s. Je n’ai pas souhaité qu’il soit optimiste, ni pessimiste d’ailleurs ! Il n’est que mon histoire et n’a pas pour vocation de dicter une quelconque attitude. Mon histoire « de malade » a finalement été assez courte mais je sais, pour les connaître, que des amies souffrent au long cours. Les traitements succèdent aux traitements et leur chemin de croix est bien plus long que le mien n’a été. Le cancer est une maladie grave, il ne faut pas l’oublier.

Un mot sur la magnifique couverture de ce livre ?
Un hasard de rencontre comme le hasard que fut la rencontre avec Frédéric SEAUX, mon éditeur ! Un tableau vu chez des amis, un contact établi avec le peintre de ce tableau et un coup de coeur pour ses toiles. Une rencontre et surtout son précieux accord pour que l’un de ses tableaux soit en couverture. Je doute de l’avoir bien remercié et j’en profite pour le faire !

Une partie de l’argent récoltée par les ventes de votre livre est reversée à la recherche contre le cancer du Centre Henri-Becquerel. Une évidence pour vous ?
C’est exactement le mot approprié : une évidence. Je remercie Frédéric SEAUX de m’avoir guidée et accompagnée dans ce projet de partenariat. Je n’oublie pas que j’ai été malade, touchée à deux reprises par le cancer. Je n’oublie pas que sans la recherche, sans les médecins, je ne serais peut-être pas là pour témoigner. Si mon histoire était arrivée trente ans plus tôt, qu’en aurait-il été de mon devenir. Alors oui, que le Centre Henri-Becquerel bénéficie des ventes est logique et naturel.

Régine VILAIN-CARDON, auteure du livre Au sein de mon cancer
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